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Un serpent, un dragon, une légende, un dieu… Qui était vraiment Quetzalcóatl ? On a compilé pour vous plusieurs sources pour vous faire votre propre opinion.

Quetzalcóatl, fresque murale dans Mexico © M.C.
Quetzalcóatl, fresque murale dans Mexico © M.C.

Qui s’intéresse aux civilisations précolombiennes a forcément entendu parler de Quetzalcóatl, alias le serpent à plumes. C’est un dieu mythique des Mayas mais qui est commun aussi aux Aztèques, que l’on retrouve à Teotihuacan ou bien encore chez les Toltèques. Qui était-il ? Quelle est son histoire ? Voici plusieurs points de vue glanés chez différents spécialistes. Celle qui en parle le mieux n’est autre que Carmen Bernard. L’anthropologue et historienne lui a même consacré un livre intitulé « Quetzalcóatl, le serpent à plumes ». Mais de nombreux autres ouvrages traitent de cette divinité.

Quetzalcóatl, le Dieu multiforme

Chez les Mayas, les enfants qui venaient à naître étaient vus comme une récompense attribuée par le seigneur Quetzalcóatl, le Créateur, écrit Carmen Bernard. La sage-femme déclarait que ce dernier « avait mis une pierre précieuse et une plume » dans le foyer.

Il est aussi lié au vent et au vol.

Tezcatlipoca, son ennemi

Le dieu de la Nuit et du Nord selon le site Mythologica.fr avait des adeptes à Tula. C’était l’ennemi de Quetzalcóatl. Tezcatlipoca, beaucoup plus sanguinaire que son collègue, « était surtout vénéré par des guerriers et exigeait du sang », précise Jean-Claude Carrière dans son « Dictionnaire amoureux du Mexique ». Ce dernier usant de multiples ruses, le pousse à partir de Tula.

Le cinquième soleil

Chez les Aztèques, il s’illustre dans la légende des 5 soleils. Quetzalcóatl est le dernier dieu à intervenir pour créer les humains. Il descend dans l’inframonde avec un chien pour aller chercher des os. De retour de son périple, il les donne à sa compagne Cihuacoatl Quilaztli qui les broie et les place au fond d’un vase. Quetzalcóatl pratique alors un autosacrifice pour les arroser de son sang. Au quatrième jour, l’homme et la femme son prêts.

L’inventeur de l’autosacrifice

Dans le Codex Vaticanus, on peut lire les lignes suivantes : « Quetzacoatl a été le premier inventeur des sacrifices de sang humain, de toutes les autres choses que l’on offrait aux dieux, et ainsi ils se transperçaient la langue, afin qu’en sorte du sang, ainsi que des oreilles et du membre viril. (…) Il se sacrifia lui-même en extrayant son propre sang avec des épines. »

Le Codex Borbonicus, qui a fait l’objet d’un beau livre l’été dernier, aborde l’autosacrifice sur les planches représentant Quetzalcóatl, soit la planche 22 associée au cycle de 52 ans et les planches manquantes de la fin du Codex.

Le serpent à plumes

La représentation de Quetzalcóatl en tant que serpent à plumes se retrouve à Teotihuacán. À Tula, la capitale Toltèque, il prend la forme de colonnes torsadées, comme des reptiles. Plus globalement, « il est représenté sous forme animale, sous forme humaine ou sous forme hybride, mais dans ce dernier cas, il a un corps de serpent et une tête humaine qui n’a ni crocs, ni langue fourchue », précise Sylvie Peperstraete.

Une vie d’ascète

Selon Carmen Bernard, « Quetzalcóatl mena probablement une vie très chaste car, dit-on, il n’eut jamais de femme ni d’enfants ».

Le vieillard et son miroir

Un jour il se regarde dans un miroir et se voit alors comme un homme âge, barbu, ridé. Ces différentes apparences ont sûrement joué des tours aux Aztèques qui prendront Hernan Cortès pour leur dieu mythique.

Quetzalcóatl ou Kukulkan ?

Le premier est associé aux Aztèques et aux peuples antérieurs, tandis que le second a été surtout utilisé à Chichen Itza. L’histoire de Kukulkan est en tout point semblable à celle de Quetzalcóatl. Il aurait aussi fondé la ville de Mayapan.