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Vous rêvez de voir un codex de près ? Rendez-vous à l’Institut culturel du Mexique, à Paris, pour en admirer des reproductions, parfois intégrales.

Des reproductions de codex jouxtent des œuvres modernes © M.C.
Des reproductions de codex jouxtent des œuvres modernes © M.C.

Jeudi 5 mars, il y avait foule à l’intérieur de l’Institut culturel du Mexique. Et pour cause, c’était le vernissage de l’exposition «Amoxtli, codex : mémoires et patrimoine vivant». Dès l’entrée sur la gauche, le visiteur peut admirer une feuille du codex Mendoza. Ce dernier est divisé en trois sections. Il date de 1542 et décrit la fondation de Tenochtitlan, les populations soumises par les Mexicas ainsi que la vie des habitants. À droite de la salle, tout le long du mur se déplie le codex de Dresde.

Vous pensiez que ces livres représentaient uniquement des scènes anciennes avec des glyphes ? Détrompez-vous ! Le très surprenant codex Badiano mérite que l’on s’y attarde. Il s’agit d’un herbier. Il compile 224 plantes et leurs propriétés que les Indiens de la Vallée de Mexico utilisaient à des fins médicinales.

«Les codex pour le Mexique sont très important, souligne l’ambassadrice du Mexique en France Blanca E. Jimenez-Cisneros. C’est notre mémoire du passé mais aussi la connaissance du présent. On a appris beaucoup de choses par les codex.» Et d’envoyer une pique à la France «qui possède la plus importante collection de codex après le Mexique». «Pour nous c’est très important de rapatrier notre patrimoine. Ça va prendre des générations, peut-être que je ne le verrai pas de mon vivant mais c’est très important», continue-t-elle.

Un procédé de coloration ancien remis au goût du jour

Au fond de la salle principale se trouve une peinture monumentale de l’artiste Filogonio Naxín, présent sur place. «Ce qui m’inspire, ce sont les techiques utilisées par les anciens. Car toutes les teintures sont issues de minéraux, de plantes, de fleurs. On utilise la cochenille, la fleur de cempasuchil, la fleur de safran, le bois de campêche, le bois du Brésil et l’une des teintes les plus difficiles à obtenur est le noir, avec la fumée de pin ocote.» Filgonio s’est formé petit à petit à ces techniques ancestrales. Ce processus lui a pris un an et demi. Le plus dur explique-t-il n’est pas tant d’obtenir les couleurs, que de les stabiliser. «Tout dépend de la météo, mais la couleur peut s’oxyder ou s’obscurcir.» Dans ces peintures, l’artiste originaire de l’État d’Oaxaca, met aussi un point d’honneur à ajouter des mots en langue mazatèque.

Tel est le principe de l’exposition visible jusqu’au 15 avril, faire communiquer les codex avec l’art contemporain. Trois autres salles sont accessibles. À chaque fois, les codex sont reproduits, intégralement pour certains, et dialoguent avec des tableaux plus contemporains. En tout le visiteur peut admirer 14 fac-similés. Dans le même temps, il est possible de voir les oeuvres de trois artistes mexicains : Monica Munoz Cid, Filogonio Naxin et Antinea Jimena Perez-Castro.

Amoxtli, codex : mémoires et patrimoine vivant, à l’Institut Culturel du Mexique, 119 rue Vieille-du-Temple, 75 003 Paris. Gratuit. Horaires : du lundi au vendredi de 10h à 13h, puis de 14h à 18h, le samedi de 15h à 19h. Jusqu’au 15 avril 2026.