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La Fêtes des Morts approche à grand pas. Un festival est organisé à Montluçon pour la seconde année consécutive. Nous avons interviewé la créatrice d’«Eternel», Rosalinda Tarantini.

Rosalinda Tarantini, présidente de l'association franco-mexicaine Cielito Lindo, à l'origine du festival «Eternel» © DR
Rosalinda Tarantini, présidente de l’association franco-mexicaine Cielito Lindo, à l’origine du festival «Eternel» © DR

Les cavaleras, les fleurs de cempasuchil, le papel picado… Autant de choses qui rappellent la Fête des Morts que les Français commencent à bien connaître et apprécier. Tous les ans, fin octobre, se déroule à Paris un festival dédié au Dia de Muertos. A Montluçon, en Auvergne, une association a décidé de créer aussi son événement pour faire vivre cette tradition mexicaine. Rosalinda Tarantini est la présidente de l’association franco-mexicaine Cielito Lindo. Elle s’est installée dans la ville il y a 11 ans, après avoir épousé un franco-italien. Originaire de l’état de Veracruz, elle travaillait comme attachée culturelle avant d’arriver en France et d’ouvrir son restaurant. La suite, elle nous la raconte dans cette interview.

Bonne lecture !

Mayazteque : Bonjour. Pouvez-vous vous présenter et nous présenter l’association ?

Rosalinda Tarantini : Notre association a été créée en 2017 par notre première présidente Maria Boulet et son mari Eric Boulet. Ils ont été à la tête pendant près d’un an puis, pour des raisons professionnelles, ont dû quitter la ville.

Pendant, près de 2 ans l’association était en sommeil, Au début de 2020 j’ai fermé mon petit restaurant. Comme j’avais plus de temps, nous avions la ferme intention de redémarrer les activites de l’association, mais le covid nous a remis en pause encore une fois. Après un changement de bureau, je suis devenue présidente de l’association qui a changé de nom pour devenir l’Association franco-mexicaine Cielito Lindo. A partir de là nous avons commencé à faire quelques petites activités y compris une exposition d’objets artisanaux, en plus de reunions et des repas dansants.

«Ma grand-mère m’a appris à respecter cette tradition»

Mayazteque : Comment vous est venue l’idée de créer ce festival «Eternel» ?

Rosalinda Tarantini : Quand j’avais mon restaurant, j’ai été invité à donner plusieurs ateliers dans les écoles et les lycées de la ville pour parler aux enfants en espagnol. Lors de conférences, j’ai vu l’intérêt de certains profs et élèves pour notre célébration du jour des morts. A l’époque, il était difficile de parler de ce sujet. En France la Toussaint est une date triste et n’a rien à voir avec la tradition mexicaine. Depuis la projection du film «Coco», notre célébration est mieux acceptée. En sortant du cinéma, les enfants emmenaient leurs parents à mon restaurant pour voir l’autel que j’installais chaque année.

Mon mari, un amoureux des traditions de mon pays, m’a poussé à faire des activités en dehors des écoles, d’où l’idée d’une exposition d’objets créés autour de cette fête. Avec l’aide de quelques amis Romain EKO, Martin et Nelly Ochoa, Manu Vasquez, nous avons réalisé ce qui a été notre premier événement du Jours des morts.

El dia de muertos n’est pas très connue. Elle est même confondue avec la célébration d’Halloween ! C’est pourquoi j’ai décidé de faire quelque chose de plus important pour montrer la véritable signification de cette fête. Ma grand-mère m’a appris à respecter cette tradition. Nous ne parlons pas de religion, cette partie-là nous pouvons la laisser de côté. La célébration du jour des morts est très particulière, car les traditions des peuples indigènes et la religion apportée par les Espagnols ont donné lieu à un mélange de rites qui sont célébrés chaque année dans tout le Mexique. Pour nous dans notre famille, la fabrication d’autels et de nourriture est très importante. Il s’agit de manifester de l’amour et du respect envers les membres de la famille qui ne sont plus parmi nous, mais maintenus en vie par la mémoire. Alors pour moi le mot éternel était le nom juste pour notre festival.

Mayazteque : C’est la deuxième année que vous le faites. Quel a été le bilan de la première édition ?

Rosalinda Tarantini : Le premier festival comprenait une petite parade a travers la cité médiévale de Montluçon et à notre grande surprise la réponse a été très bonne. Les deux jours suivants nous avons fait des animations dans les locaux de la MJC. Dans le même temps, notre festival s’est déplacé dans d’autres villes voisines. Pour beaucoup de monde, ils n’imaginaient pas qu’une association aussi petite et non subventionnée comme la nôtre puisse faire un événement de cette ampleur. Il faut dire que tout cela a été possible grâce à la solidarité des artistes, des bénévoles, des institutions qui nous ont soutenus avec le prêt d’équipement et de matériel. Je peux dire que la première édition a été un succès et qu’elle nous a permis de réfléchir à une deuxième édition.

Mayazteque : Pouvez-vous nous parler du programme des festivités ? Quelles sont-elles ?

Rosalinda Tarantini : Comme l’année précédente, le festival se déroulera sur les mêmes scènes et aussi pendant trois jours. Le 26 à partir de 17h, il y aura des activités (maquillage, musique, danse) avant la parade sur la place Piquand à Montlucon. Il y aura des petits cadeaux pour les plus beaux costumes. Les gagnants seront décidés par le public. Le défilé aura lieu dans la cité médiévale.

Les 27 et 28 (de 15h à 18h) dans la salle L’Embarcadère et gratuitement, des documentaires seront projetés.

Le vendredi à partir de 20h les spectacles de l’artiste musicien Eko, le groupe Mexalli du Mexique et le groupe de musique Que Tengo, de la musique latine afro-caribéenne.

Le samedi à 20h le groupe Mexalli et un performace de Desirée Nijiko « Allegra la morte joyeuse », un spectacle qui nous emmène dans un monde magique où se mêlent théâtre, danse et manipulation d’objets lumineux. En fin de soirée, des DJs prendront le relais jusqu’à 4h.

Voici la programmation complète, cliquez sur l’image ci-dessous pour l’agrandir

Programmation du festival «Eternel», à Montluçon
Programmation du festival «Eternel», à Montluçon

L’association prévoit de former un groupe de danse

Mayazteque : Avez-vous le soutien de la ville pour organiser le festival ? Ou est-ce une initiative privée ?

Rosalinda Tarantini : Nous avions prévu d’organiser le festival à la fin du précédent, mais le décès de notre trésorier nous a plongés dans une grande pause et dans un dilemme : continuer ou s’arrêter. La décision de continuer est arrivée trop tard pour demander une subvention a la ville. Grâce au paiement du billet d’entrée et aux recettes de la vente de nourriture, nous espérons pouvoir couvrir au moins les dépenses les plus importantes.

Mayazteque : Y a-t-il une communauté mexicaine sur place à Montluçon ?

Rosalinda Tarantini : La communauté mexicaine dans la ville est très petite. Nous sommes environ 10. Mais chaque année des étudiants mexicains arrivent pour faire des études à l’IUT. Notre association a été comme une famille pour eux. Il y a aussi des assistants d’espagnol dans les lycées qui chaque année arrivent de différents pays de l’amerique latine. Enfin, l’autre partie importante sont les compatriotes qui vivent près ou au maximum à une heure d’ici.

Mayazteque : Allez-vous organiser d’autres événements liés à la culture mexicaine ?

Rosalinda Tarantini : Oui, nous avons des projets comme conférences, des expositions ( une de costumes typiques, une autre de pièces en carton et la troisième dédiée au jour des morts). Nous avons aussi des collaborations avec des artistes comme Eko designer, des ateliers de cuisine… Nous allons également lancer un appel pour former un groupe de danse et de musique pour 2024.

Enfin, la porte est ouverte à tous ceux qui s’intéressent à notre culture, quelle que soit leur nationalité, et qui souhaitent rejoindre un groupe de personnes passionnées !

Festival Eternel à Montluçon, du 26 au 28 octobre. Plus d’informations sur le site internet officiel de l’événement.