Facebooktwitterlinkedinmail

C’est une étude scientifique peu commune qui est reprise en masse cette semaine. Le guano auraient aidé au développement d’une société pré-incaïque appelée Chincha.

Les fientes d'oiseaux à l'origine de la richesse des Chinchas © PXHere
Les fientes d’oiseaux marins seraient à l’origine de la richesse des Chinchas © PXHere

Tout est parti de l’étude d’épis de maïs. Un groupe de chercheurs avec à leur tête Jacob Bongers, archéologue à l’université de Sydney en Australie, a étudié le maïs cultivé par le peuple Chincha. Le résultat de l’étude a été publié dans la revue scientifique Plos One. Jusque là, rien d’exceptionnel. Si ce n’est que dans ces épis de maïs, les scientifiques ont retrouvé de forts taux d’azote, connu pour fertiliser les sols. Mais à quoi cela est-ce dû ? C’est là que l’histoire devient cocasse.

Le guano d’oiseaux marins

«Le guano d’oiseaux marins est la seule chose que nous connaissons qui puisse faire grimper les taux d’azote à de tels niveaux», a expliqué à Science Emily Milton, autre coautrice de l’étude, rapporte le Courrier International. Plus précisément, le guano. Ce mélange d’excréments d’oiseaux marins, de coquilles d’œufs mais aussi d’os et de plumes, a servi d’engrais.

Et pour se le procurer, ce peuple pré-incaïque, est allé le chercher… sur plusieurs îles au large de l’actuel Pérou explique Géo. «Dans ce groupe de trois petites îles, les fientes de ces colonies de cormorans, de fous et de pélicans, s’accumulaient en dépôts épais depuis des siècles.» Un trésor pour la civilisation installée sur le territoire voisin.

Car cet engrais une fois rapporté sur la terre ferme, leur a permis de faire pousser du maïs dans une région aride. De quoi nourrir leur peuole mais aussi faire commerce. Quand plus tard, il seront conquis par les Incas, ils resteront de grands commerçants.

Le travail des archéologues rendu plus difficile

Pour National Geographic, cette découverte n’est pas seulement intéressante pour retracer l’utilisation du guano dans l’agriculture, mais surtout parce qu’elle pousse les archéologues à aller plus loin dans leurs interprétations. L’utilisation ancestrale du guano comme engrais dans les Andes complique aujourd’hui le travail des archéologues.

En introduisant une signature chimique marine dans des cultures terrestres, il fausse les analyses censées reconstituer les régimes alimentaires anciens. En effet, un animal nourri au maïs fertilisé au guano peut paraître chimiquement similaire à un poisson. «Le guano n’a pas seulement transformé l’agriculture andine : il est aussi en train de changer la façon dont nous interprétons le passé», conlut le magazine.