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Le lieu de la création, celui de la mort, une ville mythique. Ce trypique revêtait une importance particulière dans la culture mexica.

Fresque représentant le Tlalocan à Teotihuacan© Escocia1, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons
Fresque représentant le Tlalocan à Teotihuacan© Escocia1, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons

Dans son livre «La fabrique du prestique en Mésoamérique», Juliette Testard aborde le Tamoanchan, le Tlalocan et le Tollan. Elle reprend les concepts développés par l’historien spécialiste de la Mésoamérique, Alfredo Lopez Austin. Pour lui, ces trois lieux se rejoignent dans la mythologie des «paradis de brume». Selon les Mexicas, les lieux de l’origine de l’humanité sont mystérieux et envahis de brume, d’où leur surnom. Mais que signifie ces trois concepts exactement ? Explication.

1/ Le Tamoanchan

C’est le lieu de la création, l’axe du cosmos. C’est aussi le paradis originel où la déesse Ixnextli a transgressé un interdit sexuel. Cette rupture est à l’origine de la naissance du Dieu Maïs. Du Tamoanchan proviendrait aussi Nanahuatzin, celui qui en se jetant dans le feu de Teotihuacan a donné naissance au cinquième soleil de la Création.

2/ Le Tlalocan

Les chroniqueurs espagnols l’ont comparé à un paradis terrestre. Pour les Mexicas, le Tlalocan est la demeure du dieu de la pluie Tlaloc. C’est l’endroit du printemps éternel. Il est décrit comme un jardin luxuriant où tout pousse en abondance. Il est pourtant associé à la mort. Mais pas n’importe laquelle. Ceux qui mouraient d’une maladie considérée en rapport avec l’eau rejoignaient ce lieu. Contrairement au Mictlan, le Tlalocan est un espace de joie et d’abondance, reflétant l’importance vitale de l’eau dans l’agriculture et la survie des sociétés mésoaméricaines selon Alfredo Lopez Austin. Toujours selon l’auteur, le Tamaonchan et le Tlalocan se superposent.

Le Tlalocan est représenté dans une fresque du même nom à Teotihuacan (voir ci-dessus). Elle se trouve sur une paroi dans un des patios du complexe urbain de Tepantitla et représente la Grande déesse, une divinité locale qui correspondait très probablement à la déesse des lacs Chalchiuhtlicue.

3/ Tollan

Enfin le Tollan est «l’antichambre de la création humaine», écrit Juliette Testard. «Dans le Tollan mythique, tous les hommes vivaient ensemble et parlaient la même langue. En le quittant, les différents groupes ont acquis la distinction linguistique», ajoute-t-elle.

Dans la réalité, plusieurs sites ont été associés au concept de Tamoanchan et de Tollan. Il s’agit de la vallée de Puebla-Tlaxcala, une partie de l’état de Morelos, Xochichalco, Cholula et Tula. Juliette Testard en conclut que ces deux concepts ont «donc une très large portée symbolique et politique, non seulement sur les Hauts plateaux centraux mais aussi en zone maya».

Sources : La fabrique du prestige en Mésoamérique de Juliette Testard, Tamoanchan y Tlalocan, article d’Alfredo Lopez Austin, livre Les Aztèques, L’empire aztèque, mémore de la Méso-Amérique, Atamalcualiztli où la recherche du Tamoanchan perdu, essai d’interprération d’une fête religieuse des anciens mexicains