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On parle des civilisations précolombiennes pour parler des Mayas, Aztèques… Mais comment est apparu ce terme de précolombien ? Elodie Vaudry nous donne une explication dans son livre Les arts précolombiens.

Voûte maya en encorbellement © M.C.
Voûte maya en encorbellement © M.C.

Ce site s’appelle Mayazteque. Son slogan est : « Maya, Aztèque, Olmèque… Le site des civilisations précolombiennes au Mexique ». Le terme précolombien désigne communément les civilisations d’Amérique Latine avant l’arrivée des Espagnols. Dans son livre Les arts précolombiens, D’où vient le terme précolombien ? Elodie Vaudry, docteure en histoire de l’art contemporain retrace l’étymologie de ce mot.

Il est apparu pour la première fois dans le Journal officiel de la République française le 9 novembre 1876, « dans un court article sur la Société américaine de France« . Le mot fait référence à Christophe Colomb. L’explorateur italien qui a œuvré pour le Portugal, puis l’Espagne est le découvreur des Caraïbes et de l’Amérique.

Précolombien : une invention française

Selon Elodie Vaudry, si les Français ont choisi ce mot de « précolombien », ce n’est pas un hasard. Ce mot permet de faire le lien entre les pays Européens et le continent Américain. Sans la conquête, personne n’aurait connu ces civilisations, ni ces pays. « Le mot impose une césure entre un monde d’avant l’Europe et un monde d’après. […] La conception sous-jacente étant que l’Amérique existe par les Européens et que leurs sorts sont intrinsèquement liés depuis le jour de la découverte« , écrit la chercheuse.

Ce mot valise a été vite accepté par la communauté scientifique. Il est utilisé dès l’année 1880 dans la Revue d’anthropologie de Paul Broca, mais aussi dans les journaux tels que le Figaro ou Le Matin.

De nos jours, on utilise aussi le mot « préhispanique » qui veut dire la même chose. Au début du XXè siècle pourtant, seulement les auteurs anglophones et hispanophones l’emploient. Au Mexique, on parlera plus facilement de civiliations « préhispaniques que « précolombiennes », pour la simple et bonne raison que Christophe Colomb n’est jamais allé jusque là.

Couverture livre

Les arts précolombiens, transferts et métamorphoses de l’Amérique latine à la France, 1875-1945 d’Elodie Vaudry, aux Editions Presse Universitaires de Rennes (PUR). 314 pages. 30 euros.