Un dé vieux de plusieurs siècles chez les « guerriers des nuages » du Pérou ?
Au nord du Pérou, des archéologues fouillant le site d’Ollape, ancienne cité chachapoya, ont mis au jour une petite pierre gravée de lignes. Elle ressemble à s’y méprendre à la « pichca », un dé associé aux jeux, à la chance et à certains rituels.

Rien, à première vue, ne le destine à faire la une. L’objet est minuscule, taillé dans du grès, en forme de prisme allongé, avec plusieurs lignes horizontales gravées sur ses faces. Ce sont ces marques qui ont retenu l’attention des chercheurs de l’Institut de recherche en archéologie et anthropologie Kuélap (INAAK). Leur découverte a eu lieu lors des fouilles d’Ollape, dans les Andes du nord péruvien. Ce site est associé aux Chachapoyas, surnommés les « guerriers des nuages ».
Un dé dans le monde andin
Le nom de la pichca donne déjà un indice : pichqa signifie « cinq » en quechua. Les chroniques coloniales décrivent des objets de ce type, utilisés comme dés dans les Andes. D’après une étude archéologique publiée dans la revue Chungara, ce jeu se pratiquait avec une seule pièce marquée. On l’utilisait aussi bien pour les loisirs que lors de cérémonies religieuses. Certaines sources le lient même à des fêtes incas et à des rites funéraires.
Pour autant, les chercheurs restent prudents. Ils n’affirment pas qu’il s’agit d’un dé. Ils parlent d’une ressemblance de forme, et estiment que la fonction de l’objet devra être étudiée à la lumière du contexte archéologique. Jeu, tirage au sort ou pratique rituelle, toutes les pistes restent ouvertes. Cette prudence se justifie d’autant plus que la culture chachapoya s’est développée dans cette région environ entre le IXe et le XVe siècle, avant d’être absorbée par l’Empire inca. Si la pièce appartenait bien à ses habitants, il faudra déterminer s’il s’agit d’une tradition locale, d’un échange culturel ou d’une pratique diffusée plus tard dans les Andes.
Le contexte de la découverte complique encore l’interprétation. La pierre n’était ni déposée dans une tombe ni posée sur le sol d’une maison. Elle gisait à l’extérieur d’une structure, dans un amas désordonné de longues pierres sans mortier, probablement déplacées de leur position d’origine. Le dé, s’il en est un, a donc pu être déplacé longtemps après avoir servi.
Un indice sur la vie spirituelle des Chachapoyas ?
Ollape, de son côté, s’avère bien plus vaste que prévu. Le projet archéologique Xalca Grande a eu recours à des drones et au LiDAR pour repérer plus de 200 structures préhispaniques, souvent circulaires. Les fouilles ont aussi révélé des frises géométriques, des systèmes de drainage et des têtes humaines sculptées, qui étaient autrefois fixées aux murs.
Cette petite pierre pourrait donc devenir aussi précieuse que les grandes constructions qui l’entourent. On sait déjà où vivaient les Chachapoyas et comment ils bâtissaient. Ce dé présumé pourrait révéler ce qui laisse bien moins de traces : comment ils jouaient, s’en remettaient au hasard, ou cherchaient à entrer en contact avec ce qu’ils ne maîtrisaient pas.
Source : Gizmodo, Andina.pe, Infobae
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une IA





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