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L’association El Camino met en contact des designers français avec des tisseuses mexicaines habitant le Chiapas. Le but ? Créer ensemble des collections de produits modernes en utilisant les techniques de tissage ancestrales. Et ça marche ! 

Des femmes au travail au sein de l'association El Camino à San Cristobal de las Casas
Des femmes au travail au sein de l’association El Camino à San Cristobal de las Casas © El Camino

Si vous avez déjà acheté un tapis dans un des commerces de San Cristobal de las Casas ou dans la rue à San Juan Chamula, vous savez de quoi je vais vous parler. Quand je m’y suis rendue en 2014 pour la première fois, je suis tombée en adoration devant les étals de couleurs vives, les rayures multicolores. Je suis repartie avec deux tapis qu ornent mes canapés. Et ça pique un peu les yeux !

Repenser le tissage ancestral pour le moderniser

Des rayures rouges, vertes, jaunes. Evidemment, les motifs et les couleurs traditionnelles ne plaisent pas à tout le monde. C’est très voyant et pour un européen, peut-être un peu trop marqué. D’où l’idée née avec l’association El Camino : donner un second souffle au tissage maya et faire en sorte de plaire à un public plus large et plus Européen avec des lignes épurées et un design plus moderne. Le résultat est très réussi comme vous pouvez le voir ci-dessous.

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Quelques-unes des pièces produites par l’association El Camino

Jeudi 5 mars, Lison est venue présenter le travail de l’association lors d’une conférence de l’agence Maisons du voyage. L’association regroupe des amies toutes professionnelles du textile. Leur but : aider les tisserandes du Chiapas a diffuser leurs produits. En 2009, l’association française créé El Camino de Los Altos au Mexique qui regroupe des femmes de communautés mayas telles que Zinacantán ou San Juan Chamula et des designers français. En vendant la production des femmes issues des communautés du Chiapas, l’association vise à améliorer leurs conditions de vie, leur fournir un travail régulier pour avoir un revenu régulier mais aussi s’émanciper en tant que femme et en tant qu’artisanes.

“L’art textile est leur principale source de revenus”

“L’art textile est leur principale source de revenus, explique Louison. Chaque village à sa spécialité. Les femmes portent leurs tenues traditionnelles et elles sont toutes différentes. Tous les tissus de la collection El Camino sont créés par le tissage sur métier a ceinture.” Lison montre ensuite en quoi consiste cette méthode ancestrale. Les femmes utilisent un ourdissoir maya qui consiste à préparer les fils de chênes. Elles croisent les fils sur l’ourdissoir puis les mettent a la verticale. Elles tendent et se mettent une ceinture à partir de laquelle elles vont pouvoir tisser. “Les femmes tissent chez elles à la maison”, précise la jeune femme. “Les femmes fixent les prix de leurs tissus suivant le temps que cela prend, la difficulté… Ensuite il y a une part des ventes qui va à l’association mais nous ne faisons pas de bénéfices. Tout est réinvesti”, ajoute Lison.

En 2016, l’association a ouvert une boutique dans le centre de San Cristobal de Las Casas afin de vendre la production. Si El Camino ne possède pas (encore) de magasin en France, l’association est très présente sur les marches et des salons pour faire connaître son savoir-faire.

Former les femmes pour les rendre plus autonomes

Non content de donner du travail à ces femmes du Chiapas, l’association donne aussi des formations. Les femmes apprennent à faire des maquettes pour leurs nouvelles collections. Trois d’entre elles ont aussi été formées sur un autre métier à tisser a cadre. Enfin El Camino de Los Altos a aussi offert un métier a tisser pour faire des sérigraphies à des femmes de Zinacantán dont le motif traditionnel est une fleur brodée.