Facebooktwitterpinterestlinkedinmail

Yuri Knórozov est un linguiste et ethnographe russe, passionné par la civilisation maya dont il a tenté de traduire le langage. Il est né le 19 novembre 1922 et décédé le 31 mars 1999.

Yuri Knórozov
Yuri Knórozov

Sous ses airs sévères, Yuri Knórozov, a été l’un des premiers scientifiques contemporains à décoder le langage maya. En 1941, lors de l’invasion de l’Union soviétique par l’Allemagne, il est étudiant à la faculté d’Histoire de Moscou. Mobilisé dans l’Armée rouge comme artilleur, il participe à la bataille de Berlin, en avril 1945. C’est après avoir lu deux livres sur les Mayas, sortis in extremis de la bibliothèque nationale allemande en flammes, que Yuri Knorozov s’est pris de passion pour cette civilisation et son écriture. Voilà ce que raconte l’histoire officielle à travers les multiples articles dédiés au personnage. Ce ne serait qu’un mythe ! En réalité, il aurait trouvé les livres dans la rue. Bref, on n’est sûr de rien si ce n’est que sa passion provient de la lecture des livres Les codex mayas des frères Villacorta et Relation des choses du Yucatán de Diego de Landa.

« Ce qui a été créé par un cerveau humain peut être compris par un autre » affirme Yuri Knórozov

De retour en Russie à la fin de la guerre, il continue ses études et soutient sa thèse. Puis il se consacre à la recherche sur les Mayas au sein de l’Institut d’ethnographie de Leningrad (Saint-Petersburg aujourd’hui, Ndlr). Personne encore n’a jamais réussi à déchiffrer les glyphes mayas, mais pour Yuri, cela ne semble pas insurmontable, au contraire. L’ethnologue affirme que tout « ce qui a été créé par un cerveau humain peut être compris par un autre cerveau humain ».

Il se met à étudier tous azimuts les textes de Diego de Landa et poursuit le début de déchiffrage effectué par le moine franciscain. Yuri Knórozov découvre que les codex sont composés de 355 signes. Il comprend que ces derniers peuvent décrire un son ou une syllabe. Pour former des phrases, il faut les lire en les associant de manière phonétique. C’est ainsi qu’il parvient à déchiffrer l’écriture maya.

Des débuts prometteurs… mais polémiques !

En 1952, Yuri Knórozov publie ses recherches dans la revue Sovetskaya Etnografia. Mais il n’est pas pris au sérieux. Face à lui, un concurrent lui fait de l’ombre : l’archéologue anglais John Eric Sidney Thompson. Ce dernier ne croit pas aux découvertes du russe. S’en suivent des années de black-out. Ce n’est qu’en 1973 que les théories de Yuri Knórozov sont remises au goût du jour et utilisées par des experts, notamment à Palenque. « C’est un personnage  très controversé« , confirme l’archéologue Eric Taladoire. « Bien qu’il ait eu des prédécesseurs comme Genet ou Whorf, il a d’emblée pris le contre pied des théories et des lectures de l’époque, et s’est mis à dos presque tout l’establishment, à de rares exceptions près comme Coe (dont l’épouse était russe) ou Tatiana Proskouriakoff, qui ont certainement pu lire ses premiers travaux, pour certains encore non traduits. De plus,  sa défense de Landa lui a valu (ainsi qu’à certains de ses élèves) de solides inimitiés« , ajoute-t-il.

Depuis, Yuri Knórozov a été reconnu comme un grand spécialiste de l’écriture maya. Le 11 mars 2018, une statue à son effigie a été inaugurée à Merida. Une biographie de l’ethnologue a été publiée en russe en septembre 2019. Elle sera traduite en espagnol et disponible au Mexique au cours de l’année 2020.